L’hypertension artérielle du chat : une maladie encore méconnue 

hypertension artérielle chez le chat
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Peu de propriétaires de félins ont entendu parler à notre époque de l’hypertension artérielle (HTA). Cette maladie du système vasculaire chez le chat est encore méconnue alors qu’elle est relativement fréquente chez le chat senior. Le souci, c’est que tant que l’hypertension est contrôlée par l’organisme, les symptômes passent plutôt inaperçu et on pense que son animal va bien. Le diagnostic tardif de l’hypertension est problématique car les lésions sur les organes internes sont bien souvent irréversibles dans ce cas-là. Même si un traitement médical est possible chez le chat hypertendu, la meilleure prévention reste le dépistage systématique et régulier chez les chats âgés de plus de 7 ans. 

Mais l’hypertension artérielle : Qu’est-ce que c’est ?

La pression artérielle est la pression exercée par le sang qui circule sur la paroi des artères. On distingue : 

  • La pression artérielle systolique (PAS), qui est la pression maximale mesurée dans les artères pendant la contraction du ventricule gauche cardiaque ; 
  • Et la pression artérielle diastolique (PAD) qui est la pression minimale mesurée, lorsque le cœur est au repos entre deux battements. 

On considère qu’un chat est hypertendu, c’est-à-dire qu’il souffre d’hypertension artérielle lorsque la PAS est supérieure à 180 mm de HG de façon continue.  

Quels sont les chats à risques de développer une hypertension artérielle ?

L’hypertension artérielle est sans conteste la maladie vasculaire la plus fréquente chez le chat !  

Deux origines possibles

L’augmentation de la pression artérielle dans l’espèce féline peut être : 

  • Primaire. C’est-à-dire qu’elle apparaît sans qu’aucune cause sous-jacente ne soit identifiée. On parle alors d’hypertension artérielle idiopathique qui ne représente que 10 à 20% des cas mis en évidence chez le chat alors que c’est le cas de figure le plus fréquent chez l’Homme. 
  • Secondaire à une maladie concomitante chez l’animal comme l’insuffisance rénale chronique (aussi appelée MRC), l’hyperthyroïdie, le diabète sucré, une insuffisance cardiaque, une cardiomyopathie hypertrophique, l’hypercorticisme ou l’aldostéronisme, un phéochromocytome … C’est le cas de figure le plus fréquent chez le chat (80-90% des cas). 

Voilà pourquoi, lorsque votre chat est diagnostiqué hypertendu il faut absolument rechercher une cause sous-jacente pour améliorer la prise en charge. 

Chats prédisposés à l’hypertension

L’hypertension artérielle est une maladie qui touche surtout les chats seniors, c’est-à-dire qui ont plus de 8-9 ans. Des études estiment que plus de 40% des chats de 7 ans et plus sont atteints par cette maladie vasculaire (mais pas forcément diagnostiqué). 

Avant, peu de raisons de s’inquiéter à moins que votre animal ne cumule plusieurs facteurs prédisposants. 

Les deux causes principales d’HTA chez le chat sont l’insuffisance rénale chronique et l’hyperthyroïdie. Pour ces félins, le risque de voir apparaître une hypertension artérielle passe à plus de 50%. Si votre chat à l’une de ces deux maladies en vieillissant, votre vétérinaire vous recommandera un suivi régulier de la pression artérielle pour un dépistage précoce en cas d’élévation. 

Cependant, on sait aussi que les chats

  • Obèses
  • Atteints d’une cardiopathie
  • Ou d’une maladie métabolique comme le diabète, l’hypercorticisme … 

Sont prédisposés à l’élévation de leur pression artérielle avec tous les symptômes qui s’ensuivent. Un suivi particulier est donc recommandé pour les chats dans cette situation. 

Symptômes observables chez le chat hypertendu

Les symptômes mis en évidence chez le chat hypertendu sont liés à l’augmentation de la pression artérielle systolique mais aussi à la maladie sous-jacente responsable de son élévation lorsqu’elle existe. Les signes cliniques observés ne sont donc pas du tout spécifiques de cette affection, d’où la nécessité de réaliser des examens complémentaires pour identifier le trouble dont souffre votre chat et mettre en place le traitement adéquat. 

Comment savoir si mon chat souffre d’hypertension artérielle ?

Au départ, les symptômes évoluent à bas bruits et passent très souvent inaperçus. Ils sont dus à l’augmentation de la pression artérielle seule dans les cas primaires mais ils sont aussi causés par la cause sous-jacente dans les cas secondaires. 

On observe un état de fatigue plus important, une baisse de l’appétit (= dysorexie) plus ou moins marquée avec une perte de poids possible.  

Les troubles de la vision sont très caractéristiques de cette affection. En effet, l’élévation de la pression dans les artères de petits calibres au niveau de l’œil entraîne des hémorragies intra-oculaires et parfois même un décollement de la rétine. Au départ, les anomalies ne sont visibles qu’en réalisant un fond d’œil. Puis une perte de la vue plus ou moins brutale est en général un signe d’appel assez fréquent en cas d’hypertension chez le chat. Dilatation des pupilles et glaucome sont aussi possibles.  

Miaulements intempestifs et persistants, troubles de la coordination, désorientation montrent une atteinte du système nerveux. 

En fonction de la maladie concomitante d’autres symptômes peuvent être mis en évidence chez l’animal maladie : vomissements, toux, essoufflement, PUPD, souffle cardiaque … 

Mise en place d’un cercle vicieux avec dommages de plusieurs organes

On pourrait penser que tant qu’aucun symptôme n’est visible c’est que finalement le chat va bien et que cela ne lui porte pas préjudice. Bien au contraire ! Une élévation continue et persistante de la pression artérielle systolique peut entraîner à moyen terme des lésions dans certains organes comme les yeux, le cœur, le cerveau et les reins du fait de multiples micro-hémorragies. Si la maladie n’est pas prise en charge à temps, les lésions deviennent irréversibles et entraînent une défaillance organique.  

Notamment, on sait qu’une hypertension artérielle primaire, ou idiopathique, peut à terme entraîner une insuffisance rénale chronique par ce biais. Insuffisance rénale qui elle-même aggravera l’hypertension et ainsi de suite … un véritable cercle vicieux ! 

Un diagnostic simple dans l’espèce féline

La mesure de la pression artérielle

Le diagnostic de l’hypertension artérielle est extrêmement simple dans l’espèce féline et passe par la mesure de la pression artérielle grâce à un brassard et à un appareil de mesure. De plus en plus de clinique vétérinaire sont équipées du PetMap©, un appareil de mesure par méthode oscillométrique extrêmement fiable. 

Cet examen complémentaire est non invasif et non douloureux pour votre animal. Il peut être réalisé en votre présence en quelques minutes. Il suffit de placer un brassard autour de la queue ou de la patte avant de votre minou. Celui-ci va se gonfler et se dégonfler et c’est à ce moment que la mesure de la pression artérielle va avoir lieu. 

Pour que la mesure soit réussie et interprétable il faut éviter le phénomène de “blouse blanche” bien connu dans nos cliniques vétérinaires. Un chat qui a peur va forcément présenter une augmentation transitoire et sans conséquence de sa tension artérielle. Il faut donc laisser à l’animal le temps de s’acclimater et de se détendre puis procéder à la mesure dans un endroit calme, de manière détendue. 

Pour être sûr du résultat. Le vétérinaire va réaliser plusieurs mesures à la suite, entre 5 et 10, puis calculer une moyenne. 

La recherche de maladies concomitantes

Si votre chat est hypertendu, votre vétérinaire va réaliser plusieurs autres examens complémentaires pour : 

  • D’une part rechercher et identifier une cause sous-jacente
  • D’autre part mettre en évidence de potentielles lésions ou séquelles à prendre en charge dans les organes cibles. 

En routine, un fond d’œil, un bilan biochimique rénal et de la thyroïde sont réalisés. En fonction des symptômes mis en évidence votre vétérinaire peut proposer la réalisation d’une échocardiographie, d’une radiographie des poumons … 

Comment soigner un chat qui a de l’hypertension artérielle ?

Bonne nouvelle, l’hypertension artérielle féline se soigne ! Cependant, on ne guérit pas un chat de cette maladie. Il est donc nécessaire de mettre en place un traitement médical, à VIE, qui va permettre la diminution de la pression artérielle et donc limiter les dégâts causés au reste de l’organisme. Le médicament le plus connu et utilisé est l’amlodipine (AMODIP©) c’est le chat mais il n’est pas le seul. 

Si une autre maladie est identifiée, elle doit aussi être prise en charge médicalement pour améliorer l’état de l’animal mais aussi diminuer la tension. Dans certains cas, le vétérinaire peut recommander un changement d’alimentation pour aider à la gestion de la pathologie concomitante : Y/D de hill’s en cas d’hyperthyroïdie, croquettes vétérinaires pour chats insuffisants rénaux ou alimentation médicalisée pauvre en sel en cas de pathologie cardiaque … 

Quel pronostic ?

Sans diagnostic et prise en charge, l’espérance de vie est réduite. La mise en place d’un traitement adapté précoce va grandement améliorer l’état de l’animal malade. En cas de cécité, le chat peut même retrouver la vue (au moins en partie) si les lésions n’ont pas eu le temps de s’installer et de devenir irréversible. Bien évidemment, en cas de pathologies concomitantes, le pronostic peut devenir plus sombre car il faut prendre en compte les deux maladies et leur vitesse d’évolution. Néanmoins, un chat hypertendu sous traitement peut bien vivre

La mise en place d’un traitement peut être compliquée pour certains propriétaires, car donner un comprimé par jour à certains chats s’avère compliqué. N’hésitez pas en parler avec votre vétérinaire pour trouver la solution la plus adaptée pour prendre soin de votre boule de poils. 

La prévention est essentielle pour limiter les conséquences de l’hypertension chez le chat

Puisque l’hypertension est une maladie d’évolution insidieuse, la surveillance et le dépistage restent les meilleures choses à faire pour anticiper les dégâts. A partir de 7-8 ans, chez le chat senior, il est recommandé de consulter au moins 1 fois par le vétérinaire pour une visite annuelle de bonne santé qui permet la réalisation d’un check-up et de certains examens complémentaires de dépistage. Cet examen peut être réalisé à l’occasion de la visite vaccinale mais si votre chat ne se fait pas vacciner, prenez le temps une fois par an de le faire examiner par un vétérinaire. 

A l’occasion de cette visite, le vétérinaire en profitera pour faire : 

  • La mesure de la pression artérielle
  • Un fond d’œil
  • Un bilan sanguin biochimique pour vérifier au minimum la fonction rénale. 

A la moindre anomalie, la prise en charge sera très précoce et permettra d’améliorer significativement le confort et la durée de vie de votre félin. 

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Dr Tatiana Pradel
Vétérinaire
Diplômé de l'École Nationale Vétérinaire de Lyon

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