Echinococcose : Danger et Prévention (Homme, chien et chat)

L’echinococcose est une maladie grave, lourde et potentiellement mortelle pour l’homme. Les renards, les chiens et, même quelque fois, les chats peuvent disséminer ce parasite dans votre environnement.
Vous même, vos proches ou vos enfants pouvez être accidentellement
contaminés . Lisez attentivement cet article pour en savoir plus sur l’echinococcose et protéger votre famille.

 

Echinococcose : qu’est ce que c’est ?

Les échinocoques sont de petits ténias (vers intestinaux plats) de 2 à 3 mm, seulement, capables de gros ravages chez certains de leurs hôtes et notamment chez l’homme.

Il existe deux formes principales d’echinococcoses à connaître :

L’Echinococoose alvéolaire due à Echinococcus multilocularis.
L’Echinococcose hydatique due à Echinococcus granulosus.

Elles diffèrent par leur cycle de développement et les espèces qu’elles envahissent. Le chien et, plus rarement, le chat peuvent les transporter !

echinococcose chien chat homme
Echinococcus granulosus

Comme de nombreux parasites, ils suivent un cycle de développement qui passe par plusieurs hôtes (animaux ou humains). Ce cycle nous permet d’analyser les risques, de comprendre les modes de contamination et de mettre en place des actions de prévention et de protection.

Afin que vous compreniez bien, voici le déroulement d’un cycle :

– Ces petits ténias vivent à l’âge adulte dans l’intestin d’un hôte qu’on appelle « hôte définitif« .
– C’est là qu’ils font leurs oeufs !
– Les crottes de cet hôte, porteuses des oeufs, contaminent  l’environnement et les plantes.
– Un autre animal mange les plantes et avale les oeufs, on l’appelle l’hôte intermédiaire.
– Les oeufs se transforment en larves dans ses organes en faisant des dégâts.
– Cet hôte intermédiaire ou ses organes sont mangés par l’hôte définitif.
– Les larves se transforment en adulte et le cycle recommence.

Une présentation rapide des cycles est importante pour vous aider à comprendre les risques et vous protéger car l’échinococcose est une zoonose !.

Echinococcus multilocularis : le cycle

Il provoque l’echinococcose alvéolaire.
L’hôte définitif est généralement le renard, occasionnellement le chien et beaucoup plus rarement le chat.
Les hôtes intermédiaires sont des rongeurs dont le campagnol.

echinococcose echinococcus multilocularis cycle

Echinococcus granulosus : le cycle

Il provoque l’echinococcose hydatique aussi appelée hidatidose.
L’hôte définitif est le chien.
Les hôtes intermédiaires sont essentiellement des animaux d’élevage herbivores (ovins, bovins, caprins, équins…). L’hôte intermédiaire préférentiel étant le mouton.
.

Echinococcus granulosus chien chat
Echinococcus granulosus cycle de vie

Echinococcose : répartition géographique

Pour nos amis francophones ou expatriés, sachez que l’echinococose n’est pas uniquement présente en France. On la trouve un peu partout dans le monde.

L’échinococcose alvéolaire est présente uniquement dans l’hémisphère Nord et plutôt dans des zones froides et élevées (idéalement 5 à 700 mètres d’altitude). Cependant, l’étude de la situation en France montre que ce parasite s’étend au delà de ces limites et semble s’adapter à des zones de plus en plus tempérées (ex: Normandie, Centre…).

L’échinococcose  hydatique est assez largement répartie dans le monde et suit les zones d’élevage des moutons. C’est pour cela qu’on la trouve moins en Europe et en Asie. Les zones les plus contaminées sont l’Australie, la Nouvelle-Zélande,l’Afrique du Nord, le Middle East américain et l’Argentine.

En France, nous sommes plutôt concernés par l’échinocoque multilocularis essentiellement véhiculé par les renards.

echinococcose chien france
Echinococcose alvéolaire (Echinococcus multilocularis), Carte ERZ janvier 2012

Important : Vous informer est essentiel pour connaître les bonnes pratiques de prévention car vous pouvez être exposé(e) sans le savoir !

– Vous consommez peut être des légumes ou baies cueillies dans des zones à risque.
– Vous vous déplacez peut être vers des zones contaminées pour les week-ends ou les vacances avec vos animaux.
– La prolifération des renards associée à l’adaptation progressive du parasite étend le risque dans des régions où ce problème n’était pas connu..

Echinococcose : contamination du chien ou du chat

Le chien et le chat ne sont contaminés que par la forme adulte de l’echinococcose (le petit ténia).

Le chien peut être contaminé par les deux formes évoquées :

En mangeant des organes d’herbivores contaminés (abats) pour echinococcus granulosus. Plutôt dans des zones rurales.
En attrapant des rongeurs qu’il chasse pour jouer concernant echinococus multilocularis

Le chat n’est pas vraiment concerné par la forme granulosus et à peine plus par multilocularis. Les rongeurs chassés et mangés en sont alors la cause.
On constate très rarement d’infestation chez le chat qui semble plus résistant à ce parasite.

Chez le chien et le chat, les symptômes sont quasi inexistants. On parle de portage sain. Tout au plus, on peut constater de la diarrhée, un amaigrissement en cas de forte infestation..

Echinococcose : contamination de l’homme

Mode de contamination humaine

C’est ici un point essentiel dont vous n’avez peut-être pas connaissance : l’echinococcose est une zoonose ! L’homme peut donc être infesté !

Même si ce n’est pas très fréquent, l’homme a plusieurs façons de se contaminer.

Comme vous l’avez compris les oeufs avec lesquels l’humain se contamine se trouvent dans les selles des hôtes définitifs (renard, chien, chat). Donc tout ce qui est souillé par les crottes contaminées devient un agent à risque.

Ce n’est pas très appétissant mais les oeufs doivent être ingérés.

Contrairement à ce que l’on pense, il existe, au quotidien, plusieurs façons d’ingérer ce type de souillures si on n’y fait pas attention.

Important : Pensez toujours que la langue du chien et du chat leur sert de « papier toilette » et qu’ensuite ils se lèchent le poil ou vous lèchent!

Voici certaines des façons les plus fréquentes d’attraper une echinococcose :

– Manger des baies type myrtilles, airelles ou autres fruits des bois, des pissenlits poussant à ras le sol dans des zones accessibles aux renards ou aux chiens.
Se laisser lécher le visage par son chien ou son chat (pour les chats qui vadrouillent en zones à risque).
Se laisser lécher les mains et ne pas les laver avant de les porter à la bouche.
Caresser son chien ou son chat et porter ses mains à la bouche sans les laver en zone à risque.
– Manger les légumes d’un potager accessible aux renards, chiens et chats sans les laver suffisamment ou les cuire.
Ne pas se nettoyer suffisamment les mains après avoir travaillé la terre, collecté du bois,  bossé en forêt ou sur des exploitations agricoles en zone rurale contaminée.
Ramasser un renard blessé ou mort sans mettre de gants.
Mettre de l’herbe , de la terre ou du sable souillés à la bouche (plus fréquent chez les enfants) en zone contaminée.
Boire une eau souillée dans la nature en zone à risque.

echinococcose echinococcus chien chat renard
Attention à la cueillette des myrtilles !

Symptômes de l’echinococcose chez l’homme

Bien que l’infestation ne soit pas très fréquente, le nombre de cas augmente avec l’extension du parasite.

Chez l’homme les conséquences sont dramatiques car la maladie atteint essentiellement le foie mais peut, également, toucher les poumons ou le cerveau.

Les oeufs éclosent dans le corps et les larves évoluent jusqu’à coloniser le foie. Suivant le type d’echinocoque, elles vont engendrer un gros kyste (kyste hydatique) ou une pseudo tumeur envahissante. Le fonctionnement du foie devient alors difficile créant un fort déséquilibre qui entraîne systématiquement la mort sans traitement.

Le plus gros souci est de suspecter cette parasitose vu que l’évolution peut trainer sur 5 à 15 ans. Les symptômes sont, par ailleurs, peu spécifiques et peuvent passer pour des troubles plus classiques liés à d’autres pathologies.

Traitement de l’echinococcose chez l’homme

Pour l’hydatidose (Echinococus. Granulosus), on tente d’utiliser l’albendazole à forte dose pendant des mois ou, au pire, on retire une partie du foie avec le kyste (sans le rompre) par une chirurgie très précise.

Pour l’echinococcose alvéolaire sans intervention chirurgicale, voire greffe de foie, la mort est la seule issue.

Vous comprenez donc que la prévention et la gestion du problème en amont chez l’animal est la seule piste valable à l’heure actuelle !.

Diagnostic de l’échinococcose

De nombreux progrès ont été faits ou sont en cours pour détecter la présence des parasites plus facilement chez les hôtes définitifs tels que le renard et le chien. Ces tests se font sur le sang ou les selles des animaux. Ce diagnostic permet de connaître l’étendue des zones à risque et est donc plutôt utilisé pour la faune sauvage (renards morts en particulier).

Chez les chiens et les chats domestiques, diagnostiquer les échinocoques dans les selles n’est pas toujours facile. L’élimination des oeufs se fait par intermittence.

Chez l’humain, une prise de sang peut révéler de façon non spécifique la présence d’une parasitose. Une échographie permet ensuite d’explorer le foie. On a réduit la mortalité ces dernières années mais le pronostic reste sombre donc mieux vaut prévenir que guérir !.

Echinococcose : prévention

Vous l’avez maintenant bien en tête :

Une echinococcose, même si ce n’est pas fréquent, c’est grave et extrêmement difficile à soigner chez l’homme.
La contamination peut passer inaperçue.
L’agent contaminant est constitué par les matières fécales contenant des oeufs.

Heureusement pour vous, pour éviter de gros soucis les solutions à mettre en place sont simples :

Concernant vos chiens et vos chats

Vermifugez régulièrement vos animaux !

Le vermifuge doit contenir du praziquantel (seule molécule active contre echinococcus): votre vétérinaire, bien avisé, vous le prescrira !
Il est recommandé de le donner à minima tous les 3 mois (4 fois/an).
En zones contaminées, l’OMS (Organisation Mondiale pour la Santé) recommande de le faire tous les mois !  Si vous voulez comprendre pourquoi, rendez vous sur l’article « vermifugation du chien et du chat« 

Tenez vos chiens en laisse dans les zones contaminées !

Si vos chiens divaguent et attrapent des rongeurs ou les restes d’un herbivore contaminés, vous prenez le risque de ramener le petit ténia à la maison !
Je ne pense pas que vous vous prendrez d’affection pour le petit ténia. 😉

Ramassez les crottes de vos animaux et jetez les à la poubelle !

On veut ici éviter de répandre plus de parasites !
Les crottes peuvent contenir les oeufs de l’échinocoque. Toutes les crottes contaminées relancent le cycle de celui-ci !
Les oeufs peuvent résister dans le sol de nombreux mois !
A la poubelle !!!  Ne jetez jamais les crottes de vos animaux dans le compost, ne les laissez pas dans le jardin ou dans les espaces publiques et ne le jeter pas non plus dans vos toilettes !! Pour les toilettes, pensez au circuit de l’eau et à la résistance des oeufs…
Les poubelles sont incinérées donc plus aucun risque !.

L’alimentation dans les zones infestées

Ne cueillez rien qui soit situé à moins de 50 cm du sol par précaution (myrtilles, pissenlits…) et qui pourrait être contaminé par les déjections de renards ou de chiens.

Pour les jardins potagers, faites en sorte de les protéger des déjections (chats, chiens, renards).

Que vous suiviez ou non les 2 précédentes recommandations, lavez toujours à grandes eaux vos fruits et légumes ramassés !

La cuisson tue les oeufs d’échinocoques mais pas la congélation classique ! Faites plutôt des tartes et des confitures avec vos myrtilles dans ces zones !

Il est déconseillé de donner des abats d’herbivores aux chiens et chats..

Echinococcose et hygiène en zone infestée

Bien sûr, quelque soit le domaine, l’hygiène est essentielle et pas seulement en zone infestée !

Ne vous laissez pas lécher le visage et évitez le léchage des mains par vos chiens et vos chats ! Ceci est encore plus vrai pour les enfants qui sont plus facilement confrontés aux léchages intempestifs !

Ne laissez pas jouer vos enfants en bas âge dans les bacs à sable publiques non protégés des animaux errants ! Certains animaux font leurs déjections dans ces bacs.

Lavez vous toujours les mains après avoir caressé un animal, vous être fait lécher, avoir travaillé la terre en zone infestée.

Mettez toujours des gants pour ramasser les renards, chiens ou chats décédés.

Evitez de mettre des herbes à la bouche car elles peuvent porter des oeufs d’échinocoques.

Mettez des gants pour travailler si vous êtes travailleur forestier, agriculteur, …

Vous savez maintenant l’essentiel sur l’echinococcose et sur les risques liés à cette parasitose.

Le but de cet article, au delà de vous informer, était de vous donner les clés pour protéger vos enfants, vos amis et votre famille et comme vous le constatez il n’y a rien de compliqué !

 

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Echinococcose : Danger et Prévention (Homme, chien et chat)
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Crédit photo : montage papillondavril + myrtilles bio, Kapucine Nielsen Kolding, CDC.gov

Commentaires et Conseils vétérinaires

Jean

Bonjour Docteur,

Nous habitons dans le Lot-et-Garonne. Ce dimanche un de mes chats qui chasse régulièrement autour de la maison, a laissé les restes d’un petit rongeur devant la porte, comme ils le font souvent; il y a des organes qui ne mangent pas. Je leur ai trouvé un aspect étrange et après vérification, j’ai pensé qu’il s’agissait d’échinoccocose. J’ai demandé à mon épouse de porter ces restes au vétérinaire local qui a dit « que ça y ressemblait », que ça s’attrape en mangeant de la viande contaminée et « elle avait l’air de se foutre de moi » selon mon épouse lorsqu’elle lui a fait part de son inquiétude. pourriez vous me donner votre avis? courrons-nous un véritable risque? quelle est la conduite à tenir? Ces chats vivent beaucoup dans la nature mais ils sont aussi très proches de nous. Faut-il s’en débarrasser?
merci de votre réponse

Dr E. Trénel

Bonjour,

Dans l’hypothèse où cela serait une echinococcose chez le rongeur, il n’y a pas lieu de vous alarmer.
Chez le chat, qui est rarement atteint, cela donnerait des vers.
Sachez que ce n’est pas en mangeant de la viande que l’homme attrape l’échinococcose mais en mangeant des végétaux souillés par les renards, chiens contaminés d’où l’intérêt de bien laver et cuire légumes et fruits ramassés.

Pour votre chat, faites le bien vermifuger selon les protocoles évoqués dnas larticle sur la vermifugation du chat

Enfin la zone dans laquelle vous vivez n’est pas une zone à risque reconnue.

Sincèrement, c’est dommage si on s’est foutu de vous mais je comprends votre inquiétude.
Vous pouvez être rassurés. Vermifugez bien votre chat en vous faisant conseiller un bon vermifuge par votre véto ou ses assistant(e)s et tout ira bien.
Il existe de nombreuses pathologies et maladies qui « pourrissent » les organes des rongeurs dans la nature.

Cordialement

laurent

Bonjour Docteur et merci de vous etre interresse a mon cas. Je prendrai bien sur dorenavant toutes les precautions… Je me situe en Isere(38).Merci par avance si vous avez des infos sur la conduite a tenir maintenant pour moi. Cordialement. Laurent.

laurent

Bonjour,ne connaissant pas les risques j’ai manipule un renard a la chasse il y a quelques jour et je n’ai pas pu proceder a un lavage de mains approfondi avant de casser la croute. Quelle est la conduite a tenir pour moi maintenant? Dois je consulter?merci .

Dr E. Trénel

Bonjour Laurent,

Est ce que la région où vous êtes est concernée par l’échinococcose ?
Pour répondre à votre question, je suis dans l’attente de réponses d’un spécialiste humain sur le sujet car il semble compliqué de faire des diagnostics précoces sur cette maladie.
Prenez, par contre, les précautions nécessaires à l’avenir comme indiqué sur l’article.

Marie

J’ai entendu dire que la chimiothérapie pouvait venir à bout de façon définitive de ce parasite ?
Marie

Dr E. Trénel

Un traitement médical est par définition une chimiothérapie. On utilise des vermifuges puissants mais dans les cas évolués seules des interventions sur le foie peuvent sauver le malade.

Cordialement

Anouil Marie-France

Bonsoir Docteur,

Je crois hélas avoir cette maladie, car mon foie ne fonctionne plus bien, ma vésicule est enflammée par manque de bile (échog d’hier). Il y a deux ans j’avais un kyste sur le lobe gauche de 9 mm mais maintenant il a disparu sous la graisse qui infiltre mon foie.

Cela fait 11ans que j’ai eu la mauvaise idée de donner un morceau de gâteau à un chien errant en
Turquie et celui-ci pour me remercier ma léché les mains et ensuite j’ai continué à manger le restant
du gâteau, quelques mois après, je me suis aperçue que mes gammas GT commençaient à grimper, mais personne n’a pensé à me faire faire un test pour cette maladie.

Je l’ai fait faire de moi-même au mois de mai, bien sur il est négatif, après 11 ans, je crois faire partie
des 20% qui après une longue contamination ne réagit plus au test.

Mon état se déteriore, je ne digère plus grand chose et tous les mois, à l’approche de la nouvelle lune
(noire),(3jours avant) j’ai des ballonnements, avec douleurs intestinales, et des selles molles et granuleuses, et +?
Cet hiver on m’a mis 1 mois sous oflocet et flagil car mon intestin saignait, mais ce n’est pas encore ça.
Si j’en crois votre article, il me reste au maximun 4 ans à vivre…Car personne ne cherche dans ce sens et me croit.
Que faire, j’ai 66 ans et 5 petits-enfants que j’aurais bien aimer voir grandir un peu, ils ont 5,4, 2,1 ans
et le dernier 4 mois.
Je ne connais pas de centre spécialisé, ni si on me croirait ?

Merci de votre réponse

Marie

Dr E. Trénel

Bonjour Marie,

Les techniques médicales ne se limitent pas aujourd’hui au test sanguin. Pour des stades avancés, des explorations par l’imagerie comme l’échographie, l’IRM ou le scanner sont utilisée pour diagnostiquer des soucis de foie.
Je ne suis pas « médecin humain » et ne peut me prononcer sur vos symptômes et analyses.
Vous avez la libre possibilité de changer de médecin ou de vous adresser à un centre hospitalier en gastro entérologie pour pousser les analyses et examens dans votre situation.
Je ne peux absolument pas vous dire que c’est l’échinococcose non plus car cela dépasse mes compétences, qui se limitent au monde vétérinaire.

Un RDV dans un centre hospitalier sur ordonnance d’un médecin généraliste serait le meilleur conseil à vous donner de ma part.

Bon courage en tout cas et ne partez pas avec cette idée ultra pessimiste sur votre durée de vie même si je ne peux ôter votre inquiétude. Persévérez à vous faire suivre et à trouver la cause de votre souci de santé. Il est probable qu’un traitement puisse vous soulager ou vous guérir.

Cordialement

jes

Bonjour, je tombe sur votre article par simple curiosité, car je mange assez souvent des fruits des bois. Une question que je me pose est pourquoi est-il si difficile de trouver des renseignements sur le traitement préventif des humains ? Par exemple, les médecins semblent toujours retors à donner des vermifuges, y-a-t-il une raison médicale ? C’est pourtant un traitement préventif qui pourrait éviter une maladie réputée dangereuse. Savez-vous ce que pourrait être un traitement préventif ?
En tous cas, merci encore pour votre article.

Dr E. Trénel

Bonjour Jes,

Je suis actuellement en train de contacter d’éminents spécialistes en médecine humaine pour connaître ce qui est faisable ou pas. Je posterai ici les réponses que j’aurai obtenu.

Cordialement

Alice

Bonjour 🙂 !

Avant tout, merci pour cet article très détaillé. J’y suis arrivée après avoir entendu la gérante du chalet où je séjourne (Haute-Savoie, à environ 1600 mètres d’altitude) parler de ce « ver du renard ». Si je me souviens bien de ce qu’elle m’a dit, il y aurait eu deux cas en trente ans de ce côté.
J’ai eu le plaisir de manger deux grands bols de myrtilles, qui ont été soigneusement lavées par ma gérante dans de l’eau mélangée à du vinaigre – elles y ont trempé au moins quinze minutes. Je voulais savoir si c’était vraiment suffisant pour se soustraire au risque d’une contamination. Certains articles prétendent que le vinaigre est insuffisant, vous dites qu’il suffit de laver les fruits avec application. Je me rassure en me disant que les cas sont rares, mais je souhaitais tout de même avoir votre avis. Et savoir s’il valait tout de même mieux, en dépit de ces précautions, se renseigner à propos du moment où l’on peut faire des examens effectifs. Je crois que dans un premier temps, le plus effrayant, au sujet de ce parasite, n’est pas tant de l’avoir, que de ne pas pouvoir savoir qu’on l’a immédiatement – le fait qu’il se développe si lentement, que ce développement soit d’abord asymptomatique… En somme, il semble difficile d’avoir un bon « timing » !

Merci par avance pour votre réponse !
Cordialement,

Alice

Dr E. Trénel

Bonjour Alice,

Effectivement, même si le nombre de cas augmente en Europe et en France, la fréquence d’apparition de la maladie reste rare. Ceci n’empêche pas la prévention comme le fait cet article qui peut aussi faire un peu peur, je le comprends.
Dans votre cas, les fruits ont été nettoyés et je ne pense donc pas que cela pose un souci même si je n’ai aucun recul sur une efficacité éventuelle du vinaigre.

Il est vrai que cette maladie pose un souci de diagnostic précoce et d’évolution lente sans symptômes initiaux d’où la crainte qu’elle peut engendrer.
Pour le « bon timing », il serait plus adapté de demander auprès d’un service spécialisé de parasitologie ou d’un laboratoire médical réalisant des tests sérologiques pour ce parasite, à quel moment il est conseillé de réaliser le test. Je vais essayer de joindre un contact en labo humain demain pour essayer d’en savoir plus.

Cordialement

Alice

Bonsoir !

Merci beaucoup pour la rapidité de votre réponse et pour votre initiative auprès du laboratoire. J’attends donc vos retours et tâcherai de me renseigner de mon côté également. 🙂

Cordialement,

Alice

Arnaud

Bonsoir, je m’appel Arnaud, j’habite en zone à risque (Bourgogne) et lors de jeux en plein air chez moi, j’ai malencontreusement été en contact avec des fruits mangés, en y regardant de plus près j’y ai découvert des crottes de renards et j’aimerais savoir si il y a un risque possible et les précautions à prendre, je ne vous cache pas que je suis de nature hypocondriaque 🙂 .
Y’a t’il des vermifuges efficace ou des préventions dans la détection de ce type de parasitoïde ?
Cordialement Arnaud

Dr E. Trénel

Bonjour Arnaud,

Reconnaître qu’on est hypocondriaque est déjà un pas pour accepter qu’on s’inquiète un peu trop par rapport à la réalité. 😉
En 2002, sur toute l’Europe le nombre de cas atteignait 600, ce qui, même si ce nombre à augmenté en 2014, reste très faible.

Pour le diagnostic il existe des tests sérologiques (recherche d’anticorps contre le parasite) mais comme je le disais à Touriste7 je ne sais pas à partir de quel moment on peut les réaliser de façon fiable. L’avis de votre médecin est ici recommandé.

Pour les vermifuges, on utilise l’albendazole mais il semble que celui-ci ne fasse que retarder l’évolution du parasite sans le tuer. Je doute que des recherches ne soient pas en cours pour éradiquer ce type d’infestation donc d’autres molécules dont je n’ai pas la connaissance sont sûrement utilisées en milieu hospitalier. L’avis d’un spécialiste en parasitologie humaine serait plus adapté.
Pour les vétos c’est plus simple car le parasite passe de façon intermédiaire chez le chien ou le chat et peut donc être détruit à ce stade.

Il est donc primordial de suivre les recommandations de vermifugation et d’hygiène données ici.

Cordialement

touriste7

Bonjour,

J’ai mangé une myrtille sauvage sans la laver il y a 2 jours en montagne. Région haute Savoie

Avoir mangé une seule myrtille si elle est contaminée est il suffisant pour être contaminé par cette maladie ?

Aussi, comment savoir si l’on est malade sans attendre la durée d’incubation ?

Merci,

Cordialement

Dr E. Trénel

Bonjour,

Tout est possible si on projette le pire des cas mais très sincèrement, il très très peu probable que vous soyez contaminé avec une myrtille sauvage.
Pour indication, le sujet est alarmiste afin que les promeneurs fassent attention à cette maladie qui est dramatique. Cependant, le nombre de cas reste très très faible au regard de la population qui se balade et mange des myrtilles.

Pour ce qui est de la partie diagnostic avant apparition des symptômes, je n’ai personnellement, n’étant pas médecin, pas d’informations suffisamment certaines à donner pour répondre de façon fiable à cette question. Je sais juste qu’il existe des tests de dépistagle sérologique (recherche des anticorps contre le parasite) assez fiables mais ne sais pas à parti de quand ils peuvent être réalisés. Interrogez votre médecin qui est en contact avec les laboratoires concernés pour obtenir plus de renseignements à ce sujet.

Très cordialement

sandie

Re bonjour Docteur
Il y a eu deux cas dans notre région depuis combien d’année?
j’ai été voir deux médecins. L’un refuse de me donner du biltricide s’il n’y a pas de parasitose avérée. L’autre me dit que le biltricide n’a pas d’effet sur l’echinocoque!!! Connaissez vous un autre vermifuge qui puisse marcher? Existe t’il des vermifuges sans ordonnance. Ils me disent tous que les cas sont rares, que ça ne sert à rien.
Je me posais une autre question, je vais beaucoup à la cueillette des myrtilles et champignons avec mes enfants. Souvent en forêt, nous ne nous lavons pas les mains après la cueillette car rien pour le faire. Nous prenons souvent notre gouter après et mes enfants mettent leurs doigts dans la bouche. Il y a des risques aussi même si nous ne mangeons pas les myrtilles? Il est dur de veiller les trois enfants et d’éviter qu ‘ils mettent les doigts dans leur bouche. Et même avec, une solution hydroalcoolique, il faudrait que je leur frictionne toutes les 10 minutes.
Merci pour votre patience

Dr E. Trénel

Bonjour,

La mise en avant de cette parasitose est nécessaire par le danger qu’elle peut représenter quand on est contaminé. Par contre le risque reste faible d’être contaminé.
Les conseils de bon sens donnés dans l’article et dans ma réponse suffisent généralement a être tranquille.

Voici un extrait sur les statistiques que vous demandiez :
« Le nombre de cas humain est actuellement en augmentation. En France, entre 1983 et 2000, 260 cas sont recensés contre 200 entre 1948 et 1983. Le parasite est surtout présent dans l’Est de la France : la Loraine, la Franche-Comté et la Savoie mais aussi en Auvergne. Récemment des cas humains ont été identifiés en Normandie, Languedoc-Roussillon et Ile-de-France. Cependant, cette progression est aussi à mettre sur le compte d’une meilleure technique de dépistage. Une étude de l’Université de Franche-Comté évalue en moyenne sur 20 ans, 14 nouveaux cas par an et deux cas mortel.

Vous voyez ça reste faible mais pour autant il faut informer le public. Il y a des maladies beaucoup plus à risque que cette parasitose mais on se doit d’en parler.

L’hygiène, la cueillette en hauteur et la cuisson sont les meilleurs conseils de prévention qu’on puisse donner. Pour le reste, il est très peu probable que vous soyez contaminée, soyez juste plus vigilante à l’avenir. 😉

Sandie

Bonjour, Nous habitons Chamonix. Nous sommes allés à la cueillette de myrtilles vers 1400 mètres. Ne connaissant pas du tout cette maladie, nous avons mangé mes enfants et moi énormément de myrtilles sauvages crues. Je suis complètement paniquée. Je ne dors plus beaucoup et je suis angoissée. Cette maladie est très grave et j’ai peur pour mes enfants et moi. Je ne comprend pas que la mairie ne donne aucune informations sur les sentiers de randonnées. J’en ai parlé à mon médecin qui m’a pris pour une folle, me disant qu’il lui est arrivé de manger des myrtilles en montagne, que nous n’avons aucun risques… J’aimerai bien que nous soyons dépistés, pour être rassurée mais j’ai l’impression de ne pas être prise au sérieux

Dr E. Trénel

Bonjour,

Ne vous terrorisez tout de même pas car les cas même s’il existent restent peu fréquents en France (2 par million dans votre zone) mais parfois beaucoup plus important dans d’autres régions du monde (jusqu’à 4%) où le site Conseils Véto est aussi accessible.
Le but de l’article est surtout informatif et préventif.
Le danger n’est pas systématique à chaque prise de myrtille mais le risque existe et surtout dans votre zone géographique comme la carte le montre.
Si votre médecin vous rie au nez, demandez conseil à un autre médecin qui vous prendra plus au sérieux. Je ne suis pas qualifié pour vous indiquer les traitements mais un vermifuge adapté peut vous tranquilliser car il fera le ménage au cas où. La vermifugation régulière de l’homme est d’ailleurs recommandable en dehors de ce souci.

Vous pouvez manger des myrtilles sauvages mais il faut :
– les prendre de façon assez élevée du sol pour éviter les dépôts d’excréments d’animaux sauvages
– les laver
– idéalement les cuire

Cordialement

PS: si votre médecin a besoin de se documenter voici quelques pistes car on ne peut pas tout savoir sur tout :
OMS
ESCCAP

Dupont

Bonjour mon chat a également attrapé le ténia et je m’en suis pas rendu compte toute de suite et malheureusement j’ai deux petites de 18 mois qui n’arrêtent pas de lui faire des câlins bisou …. Bien que maintenant et tristement je leur interdit je ne dort plus tranquille . Si je vermifuge mes enfants en prévention au cas ou elles auraient ingérés des œufs le risque de gravité est t’il évité ? Merci d’avance pour votre réponse

Dr E. Trénel

Bonjour,

Le but n’est pas de couper le lien entre les enfants et le chat. SI vous voulez être tranquille vermifugez votre chat tous les mois, c’est la recommandation la plus indiquée par les études européennes. Du moins faites le durant les jeunes années de vos enfants.

Pour ce qui est de la vermifugation des enfants je vous recommande d’en discuter avec le pédiatre ou le médecin de famille afin de juger les protocoles recommandés chez les enfants.

Ne paniquez pas. Le fait d’être informée et de pratiquer les vermifugation du chat régulièrement vous évite ce genre de souci.
Très cordialement

Hélène

Bonjour,
Je me suis rendue compte hier qu’autour de l’anus de mon chat il y avait un petit « truc » plat et blanc qui bougeait ! Je vais après avoir lu votre article, courrir chez mon vétérinaire pour lui demander un vermifuge, mais lorsqu’on les voient apparaître comme ça est-ce risqué pour nous, dois je faire un vermifuge systématique de toute la famille et surtout dans la maison, est-ce que l’aspirateur et faire le pavé suffisent pour les éliminer si toutefois il y en a dans la maison ?
Merci beaucoup pour la réponse que vous allez m’apporter,
CORDIALEMENT

Dr E. Trénel

Bonjour Hélène,

Pas de panique ! Votre démarche est suffisante > vermifuge + nettoyage régulier. Vermifugez la régulièrement par contre. Si ça n’avait jamais été fait, faites le 3 mois consécutifs avant de suivre le protocole normal.
Pour ce qui est de la vermifugation de la famille indépendamment de la situation, le faire de temps en temps est recommandé. 😉

Cordialement

Halima

Bonjour
Je suis tombé sur votre article par hasard en recherchant un remède naturel contre ces vilains parasites qui me rend la vie difficile depuis 2011, l’année où j’ai découvert par le biais d’une simple écho que j’y étais porteuse et que mon foi y été devenu un abri.
Deux « gros » kystes hydatique au foi gauche occupant des segments assez difficile d’accès.
J’ai donc été opéré en Algérie, en Mars 2011 (à l’age de 27 ans). Une intervention chirurgicale lourde laissant une cicatrice énorme au niveau de l’abdomen.
Deuxannées écoulées, et cette maladie resurgie! Une nouvelle écho révèle encore une fois un kyste hydatique hépatique de 6 cm de diamètre.
Une opération chirurgicale s’impose de nouveau en janvier 2014 ( mon cadeau pour mes 30 ans! ), à l’hôpital de Nancy.
Actuellement sous traitement ESKAZOL 400mg à raison de deux comprimés par jour durant 2 ans !! Espérant que cette fois ci ça sera la dernière, car les chirurgies ont été trop lourdes et je n’ai aucune envie de me revoir ouvrir le ventre encore une fois.
PS: une petite précision, je n’ai jamais eu un animal chez moi.

Dr E. Trénel

Bonjour Halima,

Sincèrement désolé que vous soyez obliger de vous battre contre ce parasite dévastateur.
J’espère que vous allez pouvoir vous débarrasser de ce mal dans les meilleures conditions et retrouver la sérénité.
Merci de votre témoignage qui permettra aux lecteurs de comprendre l’intérêt de se protéger et de comprendre le risque lié à l’échinococcose.

Précision : il n’est pas nécessaire d’avoir un animal. La contamination peut se faire par des fruits ramassés et souillés par les animaux errants ou sauvages. Ca a peut être été votre cas.

Cordialement